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  • Laura Ducharme

Cette nordicité qui nous habite (2/3)


Marche sur le Fjord au village sur glace de Ste-Rose du Nord

Dans cette série de 3 textes de blogue qui seront publiés dans les prochaines semaines, je vous partage ma réflexion sur la nordicité comme ingrédient-clé en intervention par la nature et l'aventure. Avec la disparition imminente de nos hivers à venir dans les prochaines années, il est grand temps de porter une réflexion et un regard différent sur cette part de nous, cette nordicité bien enfouie.


 

La nordicité joue un rôle important dans la façon dont les Québécois cultivent un sens de la chaleur humaine et de l'accueil.


Du moins, c'est l'hypothèse que j'ai faite à la suite de discussions et de réflexions sur ce sujet avec certains collègues dans le domaine de l'aventure et du plein air.


Lors du Camp des profs avec Loisir Sport Montérégie, nos participant.e.s discutaient en cercle malgré la nuit | Crédit: MAÏKANA | Marine Diez, photographe


Lors du Double Défis des 2 Mario en février 2024, un des participants me partage sa réflexion humoristique sur la forte capacité des Québécois à s'adapter au froid et à incarner cette nordicité, comparativement à nos cousins Français:


"Si nous étions tous Français ou Belge en ce moment sur la Banquise, nous serions probablement tous en train de râler continuellement contre le froid, l'humidité, les chiottes...! C'est ce qui me rend fier d'être Québécois: cette forte capacité à s'adapter et à être solidaire, peu importe les conditions!"


Nos hivers québécois peuvent être impitoyables, avec des tempêtes de neige, des températures glaciales et des conditions météorologiques imprévisibles.


Un peu de chaleur humaine avant le début de la progression | Camp des profs 2024 Crédit photo: MAÏKANA | Marine diez

Face à ces défis, les Québécois ont tendance à se soutenir mutuellement, à offrir leur aide et leur hospitalité aux voisins et aux étrangers, et ce, peu importe le statut social. Cette solidarité face aux conditions hivernales difficiles crée un sentiment de communauté et renforce les liens sociaux entre les individus.




La nordicité a également façonné la culture de l'accueil au Québec. Les Québécois sont souvent fiers de leur capacité à offrir un accueil chaleureux et hospitalier aux visiteurs, en particulier pendant les mois d'hiver où les voyageurs peuvent avoir besoin de réconfort et d'assistance face aux conditions climatiques difficiles.


Cette culture de l'accueil se manifeste à travers des gestes simples tels que l'offre d'un café chaud, d'un repas copieux ou d'un abri temporaire.


Inspirés par les Premières Nations et les Inuit ainsi que des autres cultures qui ont façonné notre identité culturelle, les Québécois ont développé au fil du temps de nombreuses traditions hivernales qui favorisent le rassemblement et la convivialité.


Au jour de l'An, c'est effectivement autour d'un feu extérieur que ça se passe, avec un verre de vin chaud ou de "gros gin" à la main et bien emmitouflé au chaud dans un manteau en duvet ou en fourrure!


Des activités telles que les veillées autour du feu de foyer, les soirées de raquette suivies d'un repas chaud, ou encore les fêtes de Noël et du Nouvel An sont autant d'occasions de partager des moments chaleureux en famille et entre amis.


carriole sur la banquise pour demande en mariage Karl et Laura
Des conserves de sirop d'érable vides pour la carriole en motoneige lors de la demande mariage sur la banquise

La nordicité contribue à façonner un sens de la chaleur humaine et de l'accueil chez les Québécois, en favorisant la solidarité face aux défis hivernaux, en valorisant les traditions conviviales et en encourageant la culture de l'accueil.


Je me demande alors comment la disparition progressive de nos hivers influencera éventuellement nos tradition et notre identité.


Est-ce que notre capacité d'adaptation sera suffisante pour entretenir notre résilience et notre nordicité?


 

Quelques mots sur l'autrice du texte:


Laura Ducharme t.s | Fondatrice & directrice générale de MAÏKANA


Travailleuse sociale membre en règle de l’OTSTCFQ et chargée de cours en intervention par l’aventure et le plein air, Laura travaille en collaboration avec les entreprises, les organisations et les institutions de santé et de services sociaux afin de contribuer à la professionnalisation de l’intervention par la nature et l’aventure et à développer des solutions innovantes en intervention en santé mentale au Québec.



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